
Une semaine à Wagram (Wagram Project : Stage IV) (1/3)
Nouveau périple dans la capitale. Et ce coup ci, ce n’est pas pour 2 jours et demi comme d’habitude mais pour huit jours de poker intensif.
Au programme, au moins autant d’heures de CG que l’ensemble de mes précédentes expéditions mises bout à bout. Soit environ une petite centaine d’heure, du samedi 1er mars au soir au dimanche 9 mars à l’aube.
Ca aurait pu mieux commencer. En effet, une pluie de bad beat vont s’accumuler avant même que je ne pénètre une première fois dans l’antre de Wagram.
En résumé, ca commence dès le départ de Toulouse. Mon train quitte la ville rose avec 30 minutes de retard sur l’horaire prévu (suite à un suicidaire accroché à la voie apparemment). J’arrive donc à Bordeaux avec 30 minutes de décalage, il n’en fallait que 18 pour que je loupe ma correspondance pour Paris.
Finalement, au lieu de quitter Bordeaux à 18h45, je devrai attendre le TGV de 19h50 pour filer vers Paris.
Je voyage pour le même prix en 1ère classe, ce qui représente un mini bad-beat vu que finalement j’étais plus proche de mes voisins immédiats (des vieux) que si j’avais voyagé bien tranquillement en seconde classe où l’on peut se poser tranquille à peu prés où l’on veut.
Mon train arrive finalement à 23h20 à Montparnasse, soit 1h30 après l’heure prévue au départ (22h50). Je file à l’hotêl (très proche du cercle) pour poser mes bagages puis j’arrive au cercle à la hâte (00h10).
Il y a déjà pas mal de monde agglutinés devant la zone Accueil. Quelque chose bloque ? Je présente ma carte d’identité (le physio habituel n’est pas là) sans trop me soucier des personnes avant moi qui font machine arrière et quittent le cercle.
Vigil : C’est pour le poker ?
Nyan : (avec le sourire de circonstance) OUI
Vigil : Trop de monde pour le poker ce soir, vous n’allez pas pouvoir rentrer, on ne prend plus personne.
Nyan : Hein ? Je peux attendre, c’est pas un probleme.
Vigil (en regardant son collegue) : Il a pas compris ou quoi ?
(puis me regardant) : Je vous dis qu’il y a trop de monde. Deux heures d’attentes, donc vous ne rentrerez pas ce soir, c’est compris ? Merci Monsieur, Bonne soirée.
Nyan : (circonspect)
………….. Bon ben……. Je vais attendre dans le couloir alors. 
Je descend quelques marche et me met à faire un sitting, tout en trafiquant mon téléphone histoire de me donner de la consistance (un peu comme le coup de la clope, mais je fume pas et ca coute moins cher
).
Une longue attente commence. Une foule incalculable de joueurs lambda se fait refouler à l’entrée. Ils n’insistent pas et quittent les lieux.
Je croise certains joueurs, certaines connaissances, au retour de leur pause clope. J’en ai même un qui vient me voir pour discuter un peu alors que son visage ne me disait que vaguement quelque chose. Il commence à me raconter un bad beat qu’il vient de vivre.
A ce que j’ai compris un full floppé avec A7, AA7, démonté par un full supérieur sur la river avec A8. Il commence à me demander mon avis, me dire qu’il aurait pas du slowplayer et qu’il aurait du attaquer. Je lui rétorque que de toute manière, l’autre aurait pas laché comme ca son brelan et que l’accident était pratiquement inévitable.
Je lui raconte que moi aussi je viens de prendre un mauvais coup, refoulé par la sécurité.
En remontant, il se retourne vers moi et me lance : « En tout cas, je vous ai vu jouer plusieurs fois et franchement, respect. A chaque fois que je vous vois à une table, j’essaie de me mettre à une autre. »
C’est le genre de compliment, qui remonte un peu le moral et fait toujours plaisir, même de la part d’un probable « fish ».
Pendant ce temps, les minutes s’écoulent lentement. Très lentement.
A un moment donné, un vigil s’avance vers moi. Je sent qu’au bout de cette conversation qui va s’engager, mon obstination à attendre dans l’escalier va payer.
Vigil : Vous faites quoi là ?
Nyan : Ben j’attends.
Vigil : Vous attendez un ami qui est à l’intérieur ?
Nyan : Non j’attends qu’on me laisse entrer pour jouer.
Vigil (regardant son pote, puis se retournant vers moi) : Bon, vous allez pouvoir….. Ah ! mais les baggy sont interdits dans le cercle, Monsieur.
Nyan : Hein ? Vous blagguez ? Quel baggy ?
Vigil : Vous ne rentrerez pas avec ce pantalon, désolé… vous pouvez toujours essayer, vous verrez bien.
Nyan : Bon ok, je reviens, je vais me changer.
Dix minutes après, me voilà de retour (heureusement que l’hotel était proche), en train de continuer mon pied de grue dans l’escalier.
Vers 1h40 du matin, je m’avance vers le vigil, bien décidé a aller me divertir dans la salle des gambleurs (au multicolore ou autre) pour passer le temps. Je trouve une brèche et finalement parvient à me faufiler dans la salle Poker. A l’arrivée, une liste de 35 noms devant moi pour jouer à la 50. Direction le bar pour patienter. Je m’appercois qu’une des raisons de l’attente réside dans le fait que trois tables ne sont pas ouvertes. Probleme de disponibilité de croupiers probablement.
Finalement je m’assois vers 2h40 à la table. Cette premiere session va donc être courte, la derniere main de la soirée étant communément aux alentours de 5h45.
A peine assis, une annonce est faites au micro, relayés par les écrans d’annonces communément utilisés lors des tournois : « A compter du 2/03 à partir de 20h00, le minimum pour entrer sur une table sera de 100 €, et ce tous les jours de la semaine. » En gros ca signifie que les tables passeront en 2/4 dès le lendemain 20h00. WTF !?!?!?!?! Enfin bref, on est là pour jouer, jouons.
Session 1 / Samedi 01/03 : 02h40 – 05h40 (3h00)
L’impatience de jouer couplé au fait de savoir que je n’ai que 3 heures devant moi pour cette premiere session vont me faire déjouer la 1ère heure. Je vais jouer aggressif, voir un peu trop. Mes Cbet ne passeront pas, me prenant des all-in impayables à deux reprises. S’ajoute une mauvaise rencontre avec JJ sur un baby flop. En face, il y a un short stack et un petit tapis. Je paie pour qu’il me montre AA. Bref je recave après moins d’une heure de jeu.
A partir de maintenant, je donnerai des pseudos a certains joueurs, pour faciliter la narration de certains coups. On commence donc avec Nounours, un joueurs très aggro d’une cinquantaine d’année. Je commence à le découvrir quand il me reraise trois fois d’affilés. J’ai eu tendance à lui accorder un certain crédit, jusqu'à ce qu’il me montre 9Ts après m’avoir reraiser 50 sur ma relance de 20 avec AQ que j’ai fini par folder. Ca a été le début d’une grande histoire entre Nounours et moi.
J’ai JJ, je raise, et Nounours qui tombe très souvent amoureux de sa main, call. Flop : Jxx (nice flop). Je bet, il me reraise, je le reraise all-in et il call avec un tirage qui ne rentrera pas. Je double sur cette main.
Quelques mains après, je découvre TT. Baby flop et Nounours, toujours là, me relance. Je le check raise all-in (il bet 56 et je le reraise à environ 120). Je ne crois pas du tout Nounours sur ce coup là et suis meme surpris de son call. Il montre AJ. Turn : A….
River : T 
Nounours n’hésite pas à me lancer un “T’as eu de la chance avec cette river ! » Et il se retire sur cette « boutade »
!
La table passe short-handed la dernière heure (6 à 7 joueurs). J’ai une vieille connaissance, que l’on appellera Sami, qui rejoint la table. Sami, c’est celui contre qui j’ai brelanté les 7 sur un monster pot à 950 lors d’un précédent séjour. Sami joue large, joue les joueurs, gamble ses tirages.
J’ai QJ et trouve un flop 8T5 face à Sami. On check le flop et j’attaque assez fort sur le 8 qui double à la turn, amenant également un éventuel tirage couleur. Sami call. River : 7. Je bet a 48, persuadé qu’il n’a pratiquement rien. Il reraise all-in pour 12 de plus. Avec Q high, je ne peux meme pas payer les 12. Il me montre tout de même 52o, pour la bottom pair. Nice read Sami.
Je parviens petit à petit à reprendre ma demie-cave perdue en début de session. Je suis à 420 quand survient le coup suivant, qui est également l’antépénultième main de la soirée.
A5 sur flop 368 all spades. J’ai tirage couleur max avec l'As. Noob#01 bet 16, je call et Sami raise all-in 120. J’ai 104 à rajouter pour un coin flip, mettant sami sur une probable overpair (89, 99 ou TT). Compte tenu de l’heure, j’accepte ce petit coup de gamble. Il show QQ, sans pique. Je ne touche finalement ni A, ni spade et perd ce pot. Je me retrouve donc à –84.
Après le dernier coup de la soirée, les joueurs voulaient faire des « flash » à 10 €. Je me suis donc preté au jeu : deux flashs à 10 € chacun. Et je termine donc la soirée à – 104 €
Pas très significatif, la session étant beaucoup trop courte. Ce qui me préoccupait surtout en rentrant à l’hotel, c’était l’instauration des 2/4 sur toutes les tables après 20h00 dés le lendemain. Ca c’était pas prévu au programme. Ceux seront probablement les mêmes joueurs de la 50, cavant mini et jouant encore plus tight passif. Bref, va falloir s’adapter.
Session 2 / Dimanche 02/03 : 16h10 – 05h30 (13h20)
J’arrive à 16h00 et constate une longue queue à l’accueil. Grosse surprise, le traffic étant généralement fluide à cette heure là. A quelle heure va-t’il falloir venir pour que ca ne soit pas plein ? Vais-je encore devoir attendre deux heures pour jouer ?
Impossible. Doit y avoir autre chose.
J’attends patiemment mon tour. Les trois personnes devant moi s’acquittent d’une cotisation de 100 €. Je commence à ressentir le vent de la déchatte. S’il faut payer, je le ferai, l’amortissement n’est pas un réel probleme. Mais bon...
Quand vient mon tour, le physio habituel m’appelle par mon nom avant même de voir ma carte d’identité, me salue, et m’invite à accéder aux vestiaires. Cool, je chatte la gratuité pour cette année.
Par contre, le vigil me fait remarquer que mon tee-shirt, ca va pas le faire. Mais que pour aujourd’hui ca ira. Quoi il est pas beau mon tee-shirt limpers ? Trop quoi ? Pas assez ? Classique ? Mouais.
Vu le climat actuel, je prend la résolution de m’en séparer pour la semaine, après cette seconde session.
En m’asseyant à la table, j’essaie de prendre des infos sur ce vent de réforme qui parcours Wagram ce week-end. J’apprends alors qu’Haussmann vient de fermer ses portes pour une raison administrative (grosses irrégularités, faux contrats de travail), et qu’une pression supplémentaire pèse désormais sur tous les cercles parisiens, qui appliquent la même chose qu’ici. Je comprends direct que mon projet d’aller faire un tournoi à Haussmann et de jouer au moins une fois à l’ACF est fortement contrarié. Sick.
Je joue calmement ces premières heures, je monte tranquillement à +200 à 20h00 quand survient les fameuses mutations de tables.
Avec la configuration des « tables à 100 », les tapis connaissent une envolée. Ma table voit de nouveaux joueurs arriver, des fishs ultimes qui vont perdre beaucoup durant toute la soirée L’un, adepte de PKR, va recaver une bonne douzaine de fois, affichant un joli –1.200 au final. Un autre, qui va profiter de quelques chattages river pour se gaver sur mon dos, va faire la plongée + 1.500 à – 300 en quelques heures. Un dernier, fish mais également chattard d’un soir, rentrant dans tous les coups et gagnant des pots énormes avec TP ou hauteur contre des tirages manqués, va se gaver avant de quitter la table avec une jolie plus value.
Pendant ce temps, je n’ai pu que les regarder se défoncer les uns les autres, à coups d’overbets violents, sans pouvoir espérer me gaver comme cette table le laisser pressentir.
Au contraire meme, je me fais défoncer sur deux ou trois coups. Notamment avec 88 sur 89A. Mon brelan trouve la top paire d’un fish. Je sais qu’il ne lachera plus. Le seul probleme, c’est qu’il termine en runner runner flush.
Un autre brelan me met dans le rouge. J’ai 22 sur 234. Blondie, charmante au demeurant, qui vient de se faire casser KK le coup d’avant par un fish, tilt et m’envoie all-in avec 77, sa "main fétiche". Elle se sait derrière, mais tans pis, dit-elle. Bon, ben…. OK ! Turn : x, River : 7.
Bon après ce coup, elle n’était plus en tilt. Cool.
Ken, son copain, comprend que je suis là pour gaver un peu la table. Il trouve AA quand je retourne KK. Raise, reraise, call, preflop. Il me check raise le flop. La turn amene un A, il reraise all-in. Je couche et il me montre son joli brelan. Et encore une belle livraison.
Avec tous ces « accidents », j’oscille de longues heures entre + 100 et + 300, n’arrivant pas à sortir la tête de l’eau. Puis, avec le temps, je dépasse les 400 et prend quelques jolis pots.
Je termine royalement : J’ai Q8 sur un flop QQT. Par chance, un T survient à la turn. Mon opposant a KT en main. Raise, reraise, call. La river est magique : K. Raise, reraise, all-in, payé. Full contre full supérieur. La patience a payé, je prend un joli pot sur ce coup et termine finalement ma session à + 608 € après 13h20 de lutte acharnée.
Anecdote : je n’ai pas bougé de ma table sur toute la durée de la session (j’ai mangé sur place). Ne fumant pas, je me suis levé pour la première fois au bout de 8 heures de jeu, pour aller soulager un besoin naturel.
Petite source d’inquiétude. Je suis malade depuis le début du voyage. Un rhume persistant, une toux assez soutenue, et quelques poussées de fièvres. Bref pas des conditions de santé idéales.
Session 3 / Lundi 03/03 : 15h30 – 20h15 (4h45)
Pas grand chose à dire sur cette session. Je monte assez rapidement à + 200. La table me convient bien, voir même trop bien. Je veux la dominer complètement, comme on dit « marcher sur la table ». Ca se manifeste par une grosse prise de risque sur certains coups et une agressivité inutile dans certains moves. Résultat : je termine even à la pause.
Session 4 / Lundi 03/03 : 21h10 – 06h00 (8h50)
Avant même de commencer à résumer cette session, une constante. Je perd tous mes AK depuis le début du séjour. Cette session verra 3-4 pots perdus avec cette main, mettant à mal mon stack à plusieurs reprises.
En parlant de mon stack, celui ci oscillera entre – 200 et + 400 durant toute cette session.
Mon plus joli pot : Je call à 16 avec 84s au bouton, après 4 autres call.
Le flop : 4JQ. J’ai la bottom et un tirage couleur. BillyTheKid, qui vient d’annoncer que c’était sa dernière main et que je soupconne vu sa tête au moment de l’annonce, d’avoir touché les kings ou les as, tire le premier en bettant 42 dans un pot à 70, annoncant la couleur. Derrick, qui dégaine et n’hésite pas à mettre tout son argent au milieu dès qu’il a top pair ou second pair au flop (any kicker, c’est quoi d’abord ca ?), boite à 98. Le pot est déjà à environ 210 €. La configuration me convient tout à fait. Si j’ai un bon read sur mes adversaire, je suis face à une overpair et face à top pair. De mon coté, avec mon tirage couleur et ma paire au flop, j’ai de très bonnes cotes. Un 8, un 4 ou un trèfle et je prend le pot (50 % de chances). Je reraise all-in, couvrant BillyTheKid. Son regard, suite à mon move, me conforte dans mon read. Il a effectivement les As et craint de se les faire craquer. Mais comme il dit : « je suis obligé de payer ». Et il met le reste de son tapis, soit 270 €. Un 8 sur la river me fait ramasser la totalité du pot.
Un peu dans le même genre. J’ai 67s sur 532 et deux cœurs. Flush draw plus une ventrale pour une straight max. Je ne m’embale pas trop mais Derrick et Kong eux s’excitent. Ils boitent sur mon raise à 30. Kong met all-in pour 100 avec 99, Derrick push à 150 avec 88. J’ai encore une très bonne côte sur ce spot, je paie les 150. Je ne touche finalement rien et abandonne ce joli pot. Dommage.
Un dernier coup rageant, vers la fin de la session. J’ai 106 € à mettre sur la river suite au raise all-in de TiMalin. Il y a 150 dans le pot. J’ai la couleur au T. Les flush A, K, Q et J, me battent. Je n’ai que très peu d’info sur TiMalin au moment de ce coup et je décide donc de folder en montrant ma couleur. Il me montre 78 sans aucun trèfle. Bluff total. Plusieurs joueurs autour de la table affirmaient payer les yeux fermés avec ma main, contre ce joueur réputé gros bluffeur. Ok je note, c’est un régular, ca peut etre utile (ca me servira quelques sessions plus tard).
Au final, je termine cette session avec un bénéfice de « seulement » 274 €, alors que j’aurai pu gagner beaucoup plus.
Bilan à 3 jours : + 778 en 29h55 de jeu. Soit environ 30 bb / 100 hands.
Pour l’instant, les frais de la semaine, estimés à environ 600 € sont donc couverts…
To be continued….
Au programme, au moins autant d’heures de CG que l’ensemble de mes précédentes expéditions mises bout à bout. Soit environ une petite centaine d’heure, du samedi 1er mars au soir au dimanche 9 mars à l’aube.
Ca aurait pu mieux commencer. En effet, une pluie de bad beat vont s’accumuler avant même que je ne pénètre une première fois dans l’antre de Wagram.
En résumé, ca commence dès le départ de Toulouse. Mon train quitte la ville rose avec 30 minutes de retard sur l’horaire prévu (suite à un suicidaire accroché à la voie apparemment). J’arrive donc à Bordeaux avec 30 minutes de décalage, il n’en fallait que 18 pour que je loupe ma correspondance pour Paris.
Finalement, au lieu de quitter Bordeaux à 18h45, je devrai attendre le TGV de 19h50 pour filer vers Paris.
Je voyage pour le même prix en 1ère classe, ce qui représente un mini bad-beat vu que finalement j’étais plus proche de mes voisins immédiats (des vieux) que si j’avais voyagé bien tranquillement en seconde classe où l’on peut se poser tranquille à peu prés où l’on veut.
Mon train arrive finalement à 23h20 à Montparnasse, soit 1h30 après l’heure prévue au départ (22h50). Je file à l’hotêl (très proche du cercle) pour poser mes bagages puis j’arrive au cercle à la hâte (00h10).
Il y a déjà pas mal de monde agglutinés devant la zone Accueil. Quelque chose bloque ? Je présente ma carte d’identité (le physio habituel n’est pas là) sans trop me soucier des personnes avant moi qui font machine arrière et quittent le cercle.
Vigil : C’est pour le poker ?
Nyan : (avec le sourire de circonstance) OUI

Vigil : Trop de monde pour le poker ce soir, vous n’allez pas pouvoir rentrer, on ne prend plus personne.
Nyan : Hein ? Je peux attendre, c’est pas un probleme.

Vigil (en regardant son collegue) : Il a pas compris ou quoi ?
(puis me regardant) : Je vous dis qu’il y a trop de monde. Deux heures d’attentes, donc vous ne rentrerez pas ce soir, c’est compris ? Merci Monsieur, Bonne soirée.Nyan : (circonspect)
………….. Bon ben……. Je vais attendre dans le couloir alors. 
Je descend quelques marche et me met à faire un sitting, tout en trafiquant mon téléphone histoire de me donner de la consistance (un peu comme le coup de la clope, mais je fume pas et ca coute moins cher
).Une longue attente commence. Une foule incalculable de joueurs lambda se fait refouler à l’entrée. Ils n’insistent pas et quittent les lieux.
Je croise certains joueurs, certaines connaissances, au retour de leur pause clope. J’en ai même un qui vient me voir pour discuter un peu alors que son visage ne me disait que vaguement quelque chose. Il commence à me raconter un bad beat qu’il vient de vivre.
A ce que j’ai compris un full floppé avec A7, AA7, démonté par un full supérieur sur la river avec A8. Il commence à me demander mon avis, me dire qu’il aurait pas du slowplayer et qu’il aurait du attaquer. Je lui rétorque que de toute manière, l’autre aurait pas laché comme ca son brelan et que l’accident était pratiquement inévitable.
Je lui raconte que moi aussi je viens de prendre un mauvais coup, refoulé par la sécurité.
En remontant, il se retourne vers moi et me lance : « En tout cas, je vous ai vu jouer plusieurs fois et franchement, respect. A chaque fois que je vous vois à une table, j’essaie de me mettre à une autre. »
C’est le genre de compliment, qui remonte un peu le moral et fait toujours plaisir, même de la part d’un probable « fish ».
Pendant ce temps, les minutes s’écoulent lentement. Très lentement.
A un moment donné, un vigil s’avance vers moi. Je sent qu’au bout de cette conversation qui va s’engager, mon obstination à attendre dans l’escalier va payer.
Vigil : Vous faites quoi là ?
Nyan : Ben j’attends.

Vigil : Vous attendez un ami qui est à l’intérieur ?
Nyan : Non j’attends qu’on me laisse entrer pour jouer.

Vigil (regardant son pote, puis se retournant vers moi) : Bon, vous allez pouvoir….. Ah ! mais les baggy sont interdits dans le cercle, Monsieur.
Nyan : Hein ? Vous blagguez ? Quel baggy ?
Vigil : Vous ne rentrerez pas avec ce pantalon, désolé… vous pouvez toujours essayer, vous verrez bien.
Nyan : Bon ok, je reviens, je vais me changer.

Dix minutes après, me voilà de retour (heureusement que l’hotel était proche), en train de continuer mon pied de grue dans l’escalier.
Vers 1h40 du matin, je m’avance vers le vigil, bien décidé a aller me divertir dans la salle des gambleurs (au multicolore ou autre) pour passer le temps. Je trouve une brèche et finalement parvient à me faufiler dans la salle Poker. A l’arrivée, une liste de 35 noms devant moi pour jouer à la 50. Direction le bar pour patienter. Je m’appercois qu’une des raisons de l’attente réside dans le fait que trois tables ne sont pas ouvertes. Probleme de disponibilité de croupiers probablement.
Finalement je m’assois vers 2h40 à la table. Cette premiere session va donc être courte, la derniere main de la soirée étant communément aux alentours de 5h45.
A peine assis, une annonce est faites au micro, relayés par les écrans d’annonces communément utilisés lors des tournois : « A compter du 2/03 à partir de 20h00, le minimum pour entrer sur une table sera de 100 €, et ce tous les jours de la semaine. » En gros ca signifie que les tables passeront en 2/4 dès le lendemain 20h00. WTF !?!?!?!?! Enfin bref, on est là pour jouer, jouons.
Session 1 / Samedi 01/03 : 02h40 – 05h40 (3h00)
L’impatience de jouer couplé au fait de savoir que je n’ai que 3 heures devant moi pour cette premiere session vont me faire déjouer la 1ère heure. Je vais jouer aggressif, voir un peu trop. Mes Cbet ne passeront pas, me prenant des all-in impayables à deux reprises. S’ajoute une mauvaise rencontre avec JJ sur un baby flop. En face, il y a un short stack et un petit tapis. Je paie pour qu’il me montre AA. Bref je recave après moins d’une heure de jeu.
A partir de maintenant, je donnerai des pseudos a certains joueurs, pour faciliter la narration de certains coups. On commence donc avec Nounours, un joueurs très aggro d’une cinquantaine d’année. Je commence à le découvrir quand il me reraise trois fois d’affilés. J’ai eu tendance à lui accorder un certain crédit, jusqu'à ce qu’il me montre 9Ts après m’avoir reraiser 50 sur ma relance de 20 avec AQ que j’ai fini par folder. Ca a été le début d’une grande histoire entre Nounours et moi.
J’ai JJ, je raise, et Nounours qui tombe très souvent amoureux de sa main, call. Flop : Jxx (nice flop). Je bet, il me reraise, je le reraise all-in et il call avec un tirage qui ne rentrera pas. Je double sur cette main.
Quelques mains après, je découvre TT. Baby flop et Nounours, toujours là, me relance. Je le check raise all-in (il bet 56 et je le reraise à environ 120). Je ne crois pas du tout Nounours sur ce coup là et suis meme surpris de son call. Il montre AJ. Turn : A….
River : T 
Nounours n’hésite pas à me lancer un “T’as eu de la chance avec cette river ! » Et il se retire sur cette « boutade »
!La table passe short-handed la dernière heure (6 à 7 joueurs). J’ai une vieille connaissance, que l’on appellera Sami, qui rejoint la table. Sami, c’est celui contre qui j’ai brelanté les 7 sur un monster pot à 950 lors d’un précédent séjour. Sami joue large, joue les joueurs, gamble ses tirages.
J’ai QJ et trouve un flop 8T5 face à Sami. On check le flop et j’attaque assez fort sur le 8 qui double à la turn, amenant également un éventuel tirage couleur. Sami call. River : 7. Je bet a 48, persuadé qu’il n’a pratiquement rien. Il reraise all-in pour 12 de plus. Avec Q high, je ne peux meme pas payer les 12. Il me montre tout de même 52o, pour la bottom pair. Nice read Sami.

Je parviens petit à petit à reprendre ma demie-cave perdue en début de session. Je suis à 420 quand survient le coup suivant, qui est également l’antépénultième main de la soirée.
A5 sur flop 368 all spades. J’ai tirage couleur max avec l'As. Noob#01 bet 16, je call et Sami raise all-in 120. J’ai 104 à rajouter pour un coin flip, mettant sami sur une probable overpair (89, 99 ou TT). Compte tenu de l’heure, j’accepte ce petit coup de gamble. Il show QQ, sans pique. Je ne touche finalement ni A, ni spade et perd ce pot. Je me retrouve donc à –84.
Après le dernier coup de la soirée, les joueurs voulaient faire des « flash » à 10 €. Je me suis donc preté au jeu : deux flashs à 10 € chacun. Et je termine donc la soirée à – 104 €

Pas très significatif, la session étant beaucoup trop courte. Ce qui me préoccupait surtout en rentrant à l’hotel, c’était l’instauration des 2/4 sur toutes les tables après 20h00 dés le lendemain. Ca c’était pas prévu au programme. Ceux seront probablement les mêmes joueurs de la 50, cavant mini et jouant encore plus tight passif. Bref, va falloir s’adapter.
Session 2 / Dimanche 02/03 : 16h10 – 05h30 (13h20)
J’arrive à 16h00 et constate une longue queue à l’accueil. Grosse surprise, le traffic étant généralement fluide à cette heure là. A quelle heure va-t’il falloir venir pour que ca ne soit pas plein ? Vais-je encore devoir attendre deux heures pour jouer ?
Impossible. Doit y avoir autre chose.J’attends patiemment mon tour. Les trois personnes devant moi s’acquittent d’une cotisation de 100 €. Je commence à ressentir le vent de la déchatte. S’il faut payer, je le ferai, l’amortissement n’est pas un réel probleme. Mais bon...

Quand vient mon tour, le physio habituel m’appelle par mon nom avant même de voir ma carte d’identité, me salue, et m’invite à accéder aux vestiaires. Cool, je chatte la gratuité pour cette année.

Par contre, le vigil me fait remarquer que mon tee-shirt, ca va pas le faire. Mais que pour aujourd’hui ca ira. Quoi il est pas beau mon tee-shirt limpers ? Trop quoi ? Pas assez ? Classique ? Mouais.

Vu le climat actuel, je prend la résolution de m’en séparer pour la semaine, après cette seconde session.
En m’asseyant à la table, j’essaie de prendre des infos sur ce vent de réforme qui parcours Wagram ce week-end. J’apprends alors qu’Haussmann vient de fermer ses portes pour une raison administrative (grosses irrégularités, faux contrats de travail), et qu’une pression supplémentaire pèse désormais sur tous les cercles parisiens, qui appliquent la même chose qu’ici. Je comprends direct que mon projet d’aller faire un tournoi à Haussmann et de jouer au moins une fois à l’ACF est fortement contrarié. Sick.

Je joue calmement ces premières heures, je monte tranquillement à +200 à 20h00 quand survient les fameuses mutations de tables.
Avec la configuration des « tables à 100 », les tapis connaissent une envolée. Ma table voit de nouveaux joueurs arriver, des fishs ultimes qui vont perdre beaucoup durant toute la soirée L’un, adepte de PKR, va recaver une bonne douzaine de fois, affichant un joli –1.200 au final. Un autre, qui va profiter de quelques chattages river pour se gaver sur mon dos, va faire la plongée + 1.500 à – 300 en quelques heures. Un dernier, fish mais également chattard d’un soir, rentrant dans tous les coups et gagnant des pots énormes avec TP ou hauteur contre des tirages manqués, va se gaver avant de quitter la table avec une jolie plus value.
Pendant ce temps, je n’ai pu que les regarder se défoncer les uns les autres, à coups d’overbets violents, sans pouvoir espérer me gaver comme cette table le laisser pressentir.
Au contraire meme, je me fais défoncer sur deux ou trois coups. Notamment avec 88 sur 89A. Mon brelan trouve la top paire d’un fish. Je sais qu’il ne lachera plus. Le seul probleme, c’est qu’il termine en runner runner flush.
Un autre brelan me met dans le rouge. J’ai 22 sur 234. Blondie, charmante au demeurant, qui vient de se faire casser KK le coup d’avant par un fish, tilt et m’envoie all-in avec 77, sa "main fétiche". Elle se sait derrière, mais tans pis, dit-elle. Bon, ben…. OK ! Turn : x, River : 7.

Bon après ce coup, elle n’était plus en tilt. Cool.

Ken, son copain, comprend que je suis là pour gaver un peu la table. Il trouve AA quand je retourne KK. Raise, reraise, call, preflop. Il me check raise le flop. La turn amene un A, il reraise all-in. Je couche et il me montre son joli brelan. Et encore une belle livraison.
Avec tous ces « accidents », j’oscille de longues heures entre + 100 et + 300, n’arrivant pas à sortir la tête de l’eau. Puis, avec le temps, je dépasse les 400 et prend quelques jolis pots.
Je termine royalement : J’ai Q8 sur un flop QQT. Par chance, un T survient à la turn. Mon opposant a KT en main. Raise, reraise, call. La river est magique : K. Raise, reraise, all-in, payé. Full contre full supérieur. La patience a payé, je prend un joli pot sur ce coup et termine finalement ma session à + 608 € après 13h20 de lutte acharnée.
Anecdote : je n’ai pas bougé de ma table sur toute la durée de la session (j’ai mangé sur place). Ne fumant pas, je me suis levé pour la première fois au bout de 8 heures de jeu, pour aller soulager un besoin naturel.

Petite source d’inquiétude. Je suis malade depuis le début du voyage. Un rhume persistant, une toux assez soutenue, et quelques poussées de fièvres. Bref pas des conditions de santé idéales.
Session 3 / Lundi 03/03 : 15h30 – 20h15 (4h45)
Pas grand chose à dire sur cette session. Je monte assez rapidement à + 200. La table me convient bien, voir même trop bien. Je veux la dominer complètement, comme on dit « marcher sur la table ». Ca se manifeste par une grosse prise de risque sur certains coups et une agressivité inutile dans certains moves. Résultat : je termine even à la pause.
Session 4 / Lundi 03/03 : 21h10 – 06h00 (8h50)
Avant même de commencer à résumer cette session, une constante. Je perd tous mes AK depuis le début du séjour. Cette session verra 3-4 pots perdus avec cette main, mettant à mal mon stack à plusieurs reprises.
En parlant de mon stack, celui ci oscillera entre – 200 et + 400 durant toute cette session.
Mon plus joli pot : Je call à 16 avec 84s au bouton, après 4 autres call.
Le flop : 4JQ. J’ai la bottom et un tirage couleur. BillyTheKid, qui vient d’annoncer que c’était sa dernière main et que je soupconne vu sa tête au moment de l’annonce, d’avoir touché les kings ou les as, tire le premier en bettant 42 dans un pot à 70, annoncant la couleur. Derrick, qui dégaine et n’hésite pas à mettre tout son argent au milieu dès qu’il a top pair ou second pair au flop (any kicker, c’est quoi d’abord ca ?), boite à 98. Le pot est déjà à environ 210 €. La configuration me convient tout à fait. Si j’ai un bon read sur mes adversaire, je suis face à une overpair et face à top pair. De mon coté, avec mon tirage couleur et ma paire au flop, j’ai de très bonnes cotes. Un 8, un 4 ou un trèfle et je prend le pot (50 % de chances). Je reraise all-in, couvrant BillyTheKid. Son regard, suite à mon move, me conforte dans mon read. Il a effectivement les As et craint de se les faire craquer. Mais comme il dit : « je suis obligé de payer ». Et il met le reste de son tapis, soit 270 €. Un 8 sur la river me fait ramasser la totalité du pot.
Un peu dans le même genre. J’ai 67s sur 532 et deux cœurs. Flush draw plus une ventrale pour une straight max. Je ne m’embale pas trop mais Derrick et Kong eux s’excitent. Ils boitent sur mon raise à 30. Kong met all-in pour 100 avec 99, Derrick push à 150 avec 88. J’ai encore une très bonne côte sur ce spot, je paie les 150. Je ne touche finalement rien et abandonne ce joli pot. Dommage.
Un dernier coup rageant, vers la fin de la session. J’ai 106 € à mettre sur la river suite au raise all-in de TiMalin. Il y a 150 dans le pot. J’ai la couleur au T. Les flush A, K, Q et J, me battent. Je n’ai que très peu d’info sur TiMalin au moment de ce coup et je décide donc de folder en montrant ma couleur. Il me montre 78 sans aucun trèfle. Bluff total. Plusieurs joueurs autour de la table affirmaient payer les yeux fermés avec ma main, contre ce joueur réputé gros bluffeur. Ok je note, c’est un régular, ca peut etre utile (ca me servira quelques sessions plus tard).
Au final, je termine cette session avec un bénéfice de « seulement » 274 €, alors que j’aurai pu gagner beaucoup plus.
Bilan à 3 jours : + 778 en 29h55 de jeu. Soit environ 30 bb / 100 hands.
Pour l’instant, les frais de la semaine, estimés à environ 600 € sont donc couverts…
To be continued….
Nombre de commentaires 5
Commentaires
-
Envoyé 11/03/2008 à 21h35 par BabylonPression
-
Envoyé 11/03/2008 à 23h49 par Flawless
-
Envoyé 12/03/2008 à 10h42 par MyGoul
-
Envoyé 12/03/2008 à 13h01 par Victor118
-
Envoyé 12/03/2008 à 13h57 par OliveStech










